FIAC - Foire Internationale d'Art Contemporain
A propos de M/M (Paris)
Depuis 2005, M/M (Paris) rassemble, à l’occasion de leur collaboration avec la FIAC, une collection de photographies du monde, qui constituent une sorte d’archive « in progress ».
Chacune de ces images figure un site, vide ou habité, urbain ou bucolique, identifiable ou ambigu. Dans le cadre du projet pour la FIAC, elles sont appelées à fonctionner en lien avec un message simple (dates, lieu, texte court comme « rendez-vous à Paris » ou « au cœur de Paris », ou encore simplement le logo de la FIAC, également créé par M/M en 2005), et en relation avec un contexte particulier, déterminé moins par le contenu du message que par le lieu de sa diffusion, le format de son support ou la qualité de ses destinataires.
Elles ont ainsi pu apparaître, entre autres, sur la couverture d’un document destiné à être diffusé à la Biennale de Venise, le carton d’invitation à une réception à New York, la page d’annonce pour des revues anglaises, américaines ou suisses, les panneaux d’affichage de Roissy ou de l’Eurostar, les « sucettes » de la Ville de Paris ou la bâche de façade du Grand Palais.
Collection de paysages muets, familiers et énigmatiques, ce projet est devenu imperceptible à force de diffraction : pour en avoir une idée complète, il aurait fallu lire tous les magazines d’art du monde, faire partie de toutes les catégories d’invités, et recevoir les cartons d’invitation destinés à chacune d’entre elles, être porteur à la fois d’un badge d’exposant, de collectionneur, de professionnel, d’artiste ou de journaliste, acheter les tickets d’entrée à tous les tarifs, arriver simultanément à Paris par train et par avion…
Ce principe combinatoire fonctionne de manière fluide et intuitive, selon des modes de jonction variés, le paradoxe, l’antiphrase, le décalage, la polysémie -à rebours des effets d’évidence- et développe au fil des occurrences quelques thématiques privilégiées. Certaines sont lisibles (comme par exemple la Statue de la Liberté, au bord de la Seine, de dos, de face, au jardin du Luxembourg, en pièces détachées dans un décor de studio… ; ou bien les modes de transport, voiture, vaporetto, avion, péniche, tramway, taxi, paquebot…). D’autres sont secrètes (et ont vocation à le demeurer) : certaines images ont, par exemple, été prises depuis la fenêtre de personnalités du monde de l’art contemporain – les intéressés le savent-ils, ont-ils seulement reconnu la vue de leur bureau ou de leur maison ?